Par Pierre Chabot, co-fondateur de Holovisio · Dernière mise à jour : 19 octobre 2026 · Lecture : 9 min
L'affichage dynamique en magasin augmente les ventes du produit mis en avant d'environ 8 % en moyenne, selon l'étude la plus solide à ce jour, publiée dans le Journal of Marketing en 2025 sur 237 campagnes et 30 millions de clients. Certains dispositifs font beaucoup mieux, jusqu'à 62 % pour une projection en tête de gondole, mais l'effet baisse avec le temps et peut devenir négatif dans les petits magasins. Cette page présente les études de terrain, leurs limites, et les chiffres commerciaux qui ne résistent pas à la vérification.
Sommaire
- La règle en une phrase
- L'étude de référence : 237 campagnes, 30 millions de clients
- Les projections et écrans en rayon
- L'effet s'use : la leçon la plus ignorée
- Vitrines, centres commerciaux et pop-up stores
- Les écrans des enseignes : deux mesures qui se contredisent
- Les chiffres de vente à ne plus citer
- Ce que nous mesurons chez Holovisio
- Notre position
- Questions fréquentes sur l'affichage dynamique et les ventes
La règle en une phrase
Un écran fait vendre le produit qu'il montre, à condition de montrer peu, de se renouveler et d'être au bon endroit. Les études de terrain convergent sur ce point, et elles contredisent les promesses de 30 % de ventes en plus pour tout le magasin.
Holovisio conçoit et installe des hologrammes et des dispositifs d'affichage pour les marques, en événementiel et en point de vente, depuis 2019, à Orsay. Cette page fait partie de notre recueil de statistiques sur l'hologramme et l'affichage dynamique.
L'étude de référence : 237 campagnes, 30 millions de clients
+8,1 % de probabilité d'achat pour le produit mis en avant. C'est le résultat de Herhausen, de Jong et Grewal dans le Journal of Marketing (en ligne le 9 juin 2025). Les auteurs ont analysé 237 campagnes menées comme des expériences de terrain, dans 10 supermarchés d'un distributeur d'Europe de l'Ouest, avec 50 écrans, sur 1 321 jours entre 2018 et 2022. L'exposition aux écrans était reliée aux tickets de caisse grâce à des chariots équipés.
- Même marque : +8,7 %.
- Marques concurrentes : moins 12,5 %. L'écran déplace les achats autant qu'il les crée.
- Catégorie : +14,8 %.
- Montant dépensé par les acheteurs du produit : inchangé.
Les auteurs précisent qu'une hausse brute de 50 % apparaît si l'on ne corrige pas l'autosélection des clients, et qu'il ne faut pas la citer. Présentée lors d'un événement professionnel, l'étude donnerait un retour brut d'environ 21 % pour les marques, selon invidis Sixteen:Nine le 19 janvier 2026.
Les projections et écrans en rayon
L'effet le plus fort mesuré est en tête de gondole, avec une limite : trop de spectacle ne sert à rien.
- Jusqu'à +62 % de ventes pour une tête de gondole avec projection du produit face à une tête de gondole classique. Deux expériences de terrain, trois semaines, trois supermarchés. Ajouter du son augmente les ventes, ajouter une odeur non. La projection modérément vive l'emporte sur la plus spectaculaire (Journal of Retailing, présenté par l'université de Bath le 12 octobre 2022).
- +111 % de dépenses sur les produits annoncés sur des écrans de chariot, +13 % sur les produits non annoncés et +14,7 % sur le panier total, 1 236 clients sur huit jours. Toutes les annonces portaient une réduction (Journal of Retailing, en ligne le 13 avril 2026).
- Des promotions sur écran qui font vendre ailleurs : annoncer une réduction sur écran augmente les ventes des produits soldés situés loin de l'écran, sans effet significatif à proximité. 7 009 clients, deux supermarchés (Journal of Retailing, juin 2024).

L'effet s'use : la leçon la plus ignorée
+17 % au lancement, +3 % cinq mois plus tard, en hypermarché. C'est ce qu'ont mesuré Roggeveen, Nordfält et Grewal dans le Journal of Retailing (relayé le 23 février 2016) en installant des écrans promotionnels dans les différents formats d'une enseigne suédoise. Ces chiffres concernent les hypermarchés ; dans les supermarchés et grands supermarchés, l'effet était minime ; dans les magasins de proximité, les ventes ont baissé. Les contenus sans prix n'ont eu aucun effet.
C'est l'argument le plus solide pour renouveler les contenus et choisir les emplacements avec soin, plutôt que d'équiper tout le magasin.
Vitrines, centres commerciaux et pop-up stores
- +6 % de fréquentation dans le centre commercial The Pavilions à Uxbridge après installation d'écrans, face à un centre témoin inchangé, 389 personnes interrogées (université Brunel, étude de 2007).
- Un tiers de dépenses prévues en plus chez Harrods pour les clients exposés à des publicités émotionnelles plutôt qu'informatives, 437 personnes. Il s'agit d'une intention, pas d'un achat mesuré (même programme de recherche).
- Les vitrines créatives font entrer plus de monde, et la probabilité d'entrer est maximale pour une vitrine de complexité moyenne (Journal of Business Research, 2016, 1 834 personnes ; International Journal of Retail and Distribution Management, 10 avril 2020). Aucune de ces études ne donne de pourcentage de fréquentation : méfiez-vous de ceux qui en affichent un.
- +40 % de dépenses en ligne sur les marques d'un pop-up store chez les clients invités par SMS, pendant six semaines, sur 800 000 utilisateurs (Management Science, présenté par UCLA Anderson le 23 octobre 2019).
- +6,9 % de ventes en ligne locales après l'ouverture d'un magasin, +13,9 % pour les jeunes marques, et moins 11,5 % après une fermeture (ICSC, 12 décembre 2023, 2 103 magasins).
Notre article sur l'écran publicitaire en vitrine applique ces résultats à la devanture.
Les écrans des enseignes : deux mesures qui se contredisent
Les régies des distributeurs publient des résultats très variables, et les deux méritent d'être connus.
- +14 % de ventes en magasin et 2,41 dollars de retour par dollar investi pour Mondelēz sur les écrans d'Albertsons, mesure de la régie elle-même (Marketing Dive, 6 janvier 2026).
- +1,08 % seulement de ventes incrémentales en ajoutant les écrans en magasin au plan média de Kraft Heinz chez Sobeys et Safeway, face à des magasins témoins (P2PI, 9 octobre 2026).
En France, 88 % des personnes interrogées remarquent les écrans en magasin, 10 % systématiquement, et 67 % estiment qu'ils améliorent l'image du magasin (baromètre iligo, 1 050 personnes, CB News, 18 février 2025). Le numérique ne représentait que 25 % du marché de la PLV en 2023 selon Xerfi (26 août 2024).
Les chiffres de vente à ne plus citer
- « +31,8 % de ventes grâce à l'affichage dynamique » : apparu en 2015 sur le blog d'un fournisseur d'écrans, attribué à « InfoTrends » sans lien. Aucun rapport retrouvé.
- « Jusqu'à +33 % selon Intel » : en réalité une enquête Nielsen de 2010 sur les écrans EDEKA en Allemagne, meilleur cas pour quatre marques sur cinq.
- « 70 % des décisions d'achat en magasin » : vrai seulement pour les supermarchés américains (POPAI, 70 % en 1995, 76 % en 2012). OgilvyAction trouvait 34,9 % sur 14 000 clients dans le monde en 2008.
- « 68 % ont acheté grâce à un écran » : la source la plus proche est une enquête Nielsen de 2006 pour un réseau d'écrans, qui mesurait une intention future.
- « Un écran vitrine augmente le trafic de 32 % » : publié dans un article partenaire en juillet 2025, sans étude retrouvée.
Ce que nous mesurons chez Holovisio
Pour Mercedes-Benz, la concession a constaté 70 % d'engagement en plus qu'une présentation classique de véhicule et 10 minutes d'interaction moyenne avec une HoloBox couplée à une tablette, sans groupe témoin publié. Voir le cas Mercedes-Benz. Pour Or en Cash, près de 100 boutiques sont équipées d'une hélice pilotée à distance, ce qui permet de changer les contenus partout le même jour et de lutter contre l'usure constatée par les chercheurs. Voir le déploiement Or en Cash.
« La bonne question n'est pas de savoir si l'écran fait vendre, mais combien, où, et pendant combien de temps. Les études y répondent mieux que les plaquettes. » Pierre Chabot, co-fondateur de Holovisio
Notre position
Un dispositif visuel en magasin est un investissement rentable s'il est placé là où le client choisit, s'il montre un seul produit avec un message simple, et s'il se renouvelle. Les promesses de 30 % de ventes globales en plus ne reposent sur aucune étude retrouvée. Testez sur quelques points de vente avec des magasins témoins avant de déployer. Notre méthode pour mesurer le ROI d'une activation en grande surface et notre offre de digitalisation du point de vente partent de ce principe. Voir aussi comment attirer plus de clients en magasin. Parlons de votre projet : devis sous 48 heures.
Questions fréquentes sur l'affichage dynamique et les ventes
De combien l'affichage dynamique augmente-t-il les ventes ?
D'environ 8 % pour le produit mis en avant selon le Journal of Marketing (2025, 237 campagnes). Des dispositifs ciblés font mieux, jusqu'à 62 % en tête de gondole, mais aucune étude solide ne montre +30 % sur tout le magasin.
L'effet d'un écran en magasin dure-t-il ?
Non, il s'use. Une étude suédoise a mesuré 17 % de ventes en plus en hypermarché au lancement, puis 3 % cinq mois plus tard. D'où l'intérêt de renouveler les contenus.
Faut-il installer des écrans dans un petit magasin ?
Avec prudence. Dans les magasins de proximité, l'étude du Journal of Retailing de 2016 a mesuré une baisse des ventes. L'espace et le temps de visite y sont trop courts.
Un écran fait-il vendre toute la catégorie ?
Oui, en partie : +14,8 % pour la catégorie dans l'étude du Journal of Marketing, mais au détriment des marques concurrentes, en baisse de 12,5 %.
Comment mesurer l'effet d'un écran en magasin ?
Comparez des magasins équipés à des magasins témoins similaires, sur plusieurs semaines, en suivant les ventes du produit mis en avant. Sans groupe témoin, le chiffre obtenu est surestimé.
Pierre Chabot est co-fondateur de Holovisio, la marque derrière hologramme.co. Depuis 2019, il accompagne des marques comme Mercedes-Benz, Stryker et ASUS sur leurs dispositifs holographiques, dans plus de 20 pays. Profil LinkedIn · À propos de Holovisio
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